12ème dimanche du temps ordinaire

Auteur: Philippe Cochinaux
Date de rédaction: 20/06/21
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2020-2021

Alors qu’au chapitre 8 verset 20 de l’évangile de Matthieu, le Christ affirme : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. », voilà qu’aujourd’hui, dans l’évangile de Marc cette fois, il dispose même d’un coussin pour dormir.  Et c’est précisément sur ce détail que je voudrais m’arrêter avec vous ce soir.  Pourquoi l’évangéliste fait-il mention de ce coussin.  S’il s’y trouve, c’est que cela doit avoir une signification certaine.

Au cœur d’une tempête, le Christ dort sur un coussin.  Et si Jésus voulait tout simplement nous apprendre à dormir.  Hypothèse étonnante au premier abord mais pas dénuée de sens pour autant.   En effet, pour pouvoir s’endormir paisiblement, nous devons faire confiance : confiance en la vie que nous allons nous réveiller dans quelques heures, confiance à entrer dans un monde de démaîtrise où nous ne contrôlons plus rien, confiance en un lâcher prise qui demande une paix intérieure.  Comme beaucoup d’entre nous l’ont sans doute déjà expérimenté, il n’est pas toujours aisé de bien dormir.  Il n’est pas toujours aisé de trouver le sommeil lorsque nous sommes envahis par des angoisses, lorsque la peur nous taraude, lorsque les soucis nous submergent.  En fait, il ne nous est pas possible de trouver le sommeil lorsque notre esprit est agité.  C’est la raison précise pour laquelle le Christ vient nous apprendre à dormir, c’est-à-dire à comprendre au plus profond de notre âme que nous n’avons rien à craindre, qu’il n’y a pas lieu de nous laisser envahir par toutes ces forces contraires qui s’agitent en nous.  En d’autres termes, il nous convie à trouver voire à retrouver une certaine paix intérieure, celle-là même qui nous permet de garder notre sérénité  en toutes circonstances et ce, malgré les tempêtes que nous traversons.  Facile à dire me direz-vous mais tellement difficile à vivre lorsque nous sommes au cœur de celles-ci et que les vagues de l’incompréhension envahissent la barque de notre vie.  Et ce qui accroît encore notre perplexité lorsque nous sommes traversés par de tels tourbillons, c’est de découvrir que le Fils de Dieu dort tout paisiblement.  Il ne s’en fait pas pour la simple et bonne raison qu’il ne fait rien puisqu’il dort.  Un peu comme s’il nous susurrait au creux de l’oreille qu’il n’y a rien à faire, juste chercher à comprendre.  Mieux encore oser découvrir que par-delà la tempête que nous traversons, alors que les sentiments de solitude nous submergent, Dieu est toujours là.  Il est au plus profond de l’océan de notre vie.  Ou pour le dire dans les mots de ce théologien : « Il faut nous convaincre que la mer de nos angoisses n’est pas un gouffre sans fond, que même l’abîme le plus profond n’est pas infini. Il faut nous convaincre que Dieu est là, sous notre mer, plus profond que l’abîme. Il est là, solide, sous la mer de notre angoisse. Et même si notre barque semble ballotée par des orages terrifiants, elle est ancrée sur un sol ferme, bien en dessous des furies de la mer ». Dieu est le socle sur lequel se pose, sur lequel repose l’océan.  Et là, nous sommes à nouveau sur du solide.  En choisissant de dormir paisiblement sur son coussin à l’arrière de la barque, Jésus nous propose de faire confiance, d’oser croire que sous les tempêtes de nos vies, Dieu est toujours là, bien plus présent que nous aurions pu l’imaginer. Il est là et fort de cette conviction, nous pouvons alors lui faire confiance et nous endormir comme un enfant le fait dans les bras de ses parents.  N’est-il pas merveilleux de pouvoir se dire qu’à notre tour, nous sommes invités à nous endormir dans les bras de Dieu, tout en confiance, tout en paix car nous savons qu’il est au-dessous de tout ce qui nous bouscule, au-dessous de tout ce qui nous encombre, au-dessous de tous les vents de nos peurs et de toutes les vagues de nos angoisses.  Au plus profond de notre être, au plus profond de l’océan de nos vies, il y a à nouveau un sol porteur de ce que nous sommes et de ce que nous advenons.  Ce sol est cette terre de Dieu sur laquelle nous marchons tout en confiance.  Alors même si nous traverserons encore des tempêtes, même si nous serons encore secoués par des vents violents, même si certaines vagues d’injustice nous feront vaciller, gardons notre confiance en ce Dieu qui est toujours avec nous puisqu’il est en nous.  Il ne nous reste alors plus qu’à passer sur l’autre rive, endormi, à notre tour, sur ce coussin divin.

Amen

 

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