12ème dimanche ordinaire (B)

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 20/06/21
Temps liturgique: Temps ordinaire
Année liturgique : B
Année: 2020-2021

 

J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : c’est terminé, on se parle normalement.  Depuis plusieurs jours, je n’arrivais plus à parler calmement avec un frère dans la communauté.  Je ne sais pourquoi, mais c’était très tendu.  Et voilà que ce matin tout était bien calme et même apaisé.  Il ne m’a plus énervé.  C’est curieux, mais c’est comme cela.  C’est un peu ce qui s’est passé dans la barque des apôtres pendant la tempête.  Jésus s’est levé et tout s’est apaisé.

C’est une situation que beaucoup de parents connaissent avec leur grand garçon.  C’est la crise de l’adolescence.  Il se laisse aller, il ne se tient pas droit, il se vautre dans le fauteuil ou sur son lit, sa chambre est en désordre et c’est à peine s’il vous répond quand on lui pose une question.  Et puis, brutalement, voilà qu’il se lave, qu’il s’habille proprement, qu’li se lève même le matin et commence à entreprendre des activités. Que fait-on à ce moment-là ? On se demande s’il n’y a pas là une jeune fille que le grand garçon a pu rencontrer.  Il a rencontré quelqu’un qui le trouve aimable et ça change tout.  Lui, qui ne trouvait rien d’intéressant dans la vie, lui qui ne se trouvait pas beau, lui qui pensait que cela ne valait pas la peine de bien s’habiller ou de ranger sa chambre, voilà qu’il trouve la vie et les autres intéressants.  Il trouve que cela vaut la peine de travailler et d’étudier.

Et c’est ce qui se passe parfois avec nous aussi.  On st parfois plongés dans un abîme de solitude et de tristesse, parce que les choses paraissent mornes et sans intérêt ou parce qu’il ne se passe rien d’intéressant dans notre vie.  Et voilà que soudain nous rencontrons à nouveau Jésus dans notre vie.  Il n’était pas loin.  Il n’est jamais loin.  C’est ce que je faisais pendant le confinement strict et sévère que nous avons parfois connu.  Le soir, avant de m’endormir, je cherchais quelque chose de beau qui s’était passé pendant la journée, un sourire au magasin de la part de l’employée, un coup de fil inattendu que j’ai pu recevoir, une petit succès dans mon travail.  Et c’était, je crois, un bon exercice : apprendre à ouvrir les yeux pour voir Dieu agir dans ma vie, non pas comme je le souhaiterais ou comme j’aimerais que cela se passe, mais apprendre à voir les petits clins d’œil qu’il pouvait me faire, même dans de petits événements apparemment sans intérêt.

Et c’est ce que nous faisons tous les dimanches.  Non seulement nous nous rappelons toutes les merveilles que Dieu a faites pendant l’histoire du peuple élu et pendant la vie de Jésus, mais aussi nous ouvrons les yeux de notre cœur pour voir dans l’apparence d’un petit morceau de pain la présence vivante et active de Dieu dans notre vie.  Et c’est cela sans doute notre travail de tous les jours : développer la gymnastique du cœur et de l’esprit, assouplir notre cœur et notre intelligence pour voir au-delà des petits événements de la vie de tous les jours la présence de Dieu dans notre vie. 

C’est cela qui fait la différence entre la Bible et un livre d’histoire.  Le livre d’histoire raconte des événements glorieux, comme le règne d’un grand roi, ou des événements tragiques, comme la guerre et la famine.  La Bible, elle, ne raconte pas simplement des faits, elle voit à travers tous ces événements la bonté de Dieu qui veille sur chacun d’entre nous.

Alors, oui !, en recevant la sainte communion, demandons à Dieu d’ouvrir les yeux de notre cœur et de notre intelligence pour voir les petits clins d’œil qu’il nous fait tous les jours.  Ainsi, le soir, nous pourrons nous coucher heureux parce que nous avons découvert l’amour de Dieu dans notre vie.

 

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